Se laisser faire, avant de faire ! 

Le point commun des nombreux récits qui relatent les derniers entretiens de Jésus avec ses disciples, c’est l’immense souci que le Seigneur manifeste à leur égard.  Alors qu’il va subir le châtiment extrême des hommes et de son Père, il se décentre de lui-même et du sort qui l’attend pour prendre soin de ceux qu’il  a appelés à marcher à sa suite.

L’un des récits caractéristiques de cette attitude se trouve dans l’Evangile de Jean au chapitre 13 : « Le lavement des pieds ».  L’intention de Jésus est clairement indiquée : donner à ses disciples une marque suprême de son amour.  Comment le fait-il ? En accomplissant le travail réservé à l’esclave, qui devait laver les pieds des invités du maître. Jésus, par son attitude et son geste, dit toute l’immensité de son amour à ses disciples.

Parmi tous les participants de cette scène, seul Pierre réagit : « Tu ne me laveras pas les pieds ! Sûrement pas ! ». Comme moi, vous comprenez sans doute la réaction de Pierre. Accepter que Jésus soit son serviteur et s’abaisse au point de lui laver les pieds, c’est tout simplement inacceptable !

Et, pourtant c’est essentiel, vital ! Sans le « service » de Jésus à mon égard, je ne peux rien faire. Sans l’œuvre de Christ dans ma vie, je ne peux être en communion avec Lui. Se laisser faire ! Voilà ce que Jésus demande à Pierre ! Voilà ce qui est difficile à accepter. C’est tout un apprentissage pour le bouillonnant apôtre qui, avant toute chose, veut « faire ».  C’est un apprentissage pour nous aussi, qui voulons « faire » et refusons de nous « laisser faire ».  On parle beaucoup du « lâcher prise ». En ce temps de Pâques, cette formule est plus que jamais d’actualité.

Mais pour l’homme d’aujourd’hui - comme  pour l’homme d’hier - c’est inenvisageable. Il veut faire, accomplir, réaliser, acheter, payer… bref, réaliser sa propre justification en se purifiant lui-même !

Le service de Jésus est complet, il ne manque rien. Nous n’avons rien à y rajouter. Il suffit à notre salut. Nous devons juste accepter de nous « laisser faire » ! De nous laisser pardonner, de nous laisser accueillir, de nous laisser transformer ! C’est la marque distinctive de l’amour suprême de Jésus à notre égard.

C’est seulement après nous être laissé faire que nous pouvons, à notre tour, être serviteurs des autres. Mais faut-il encore trouver des frères ou des sœurs qui veuillent bien se « laisser faire ». Mais cela,  c’est une autre histoire…

 

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Dernière mise à jour 13-04-2018